Dallara Academy

Varano de' Melegari, Italie

Dallara Academy
Varano de’ Melegari, Italie
2015-2018
5.542m2
maître d’ouvrage: VARANOBOX srl

photos: ©S. Anzini

L’ÂME
Chaque projet est pour nous la rencontre de deux âmes, celle du lieu et de l’Homme.
Chaque projet peut renfermer ses deux qualités en lui ; sinon il doit aller à leur rencontre et leur permettre de faire surface et pouvoir ainsi être lu, écrit et réellement voulu.
A Varano de’ Melegari, aux côtés de l’Ingénieur Giampaolo Dallara et sa famille, nous avons été participés à la fois à sa vie personnelle et professionnelle le temps d’un moment unique qui ne cherchait qu’à être révélé par le projet – que ce soit en phase concours ou en chanter. Le projet se doit d’assumer sa responsabilité et d’affirmer les lieux de l’âme d’une histoire rare et exemplaire qui, nous le croyons, appartient également à nombre d’autres endroits faisant partie du territoire méditerranéen.

LE SITE
Le site du projet est un lieu d’une qualité paysagère particulière et significative.
Nous voulions créer un dialogue avec le site et ne pas simplement proposer de relations artificielles aboutissant à des cassures et des contrastes et apparaissant comm des «objets trouvés» dans un contexte à l’apparence normale.
Il est nécessaire de tourner le regard, s’éloigner du site, observer sa «géographie» sous différents points de vue afin de comprendre son rôle et son âme au sein de l’équilibre naturel d’une nature devenant paysage.
Il faut proposer une métamorphose douce faite d’actions qui se confrontent aux différentes natures du territoire : contenir, recevoir, habiter, accueillir.
Le projet se situe sur une colline à la pente douce s’ouvrant sur la vallée du torrent Ceno, derrière laquelle on voit se profiler la forme des collines avec, en leur sommet, un «rocher» qui surveille et observe.

L’ORIGINE
Les éléments territoriaux auxquels nous sommes confrontés sont donc la surface apparemment horizontale du site, sa «simplicité» ambiguë, la présence d’un mûrier, la sentinelle verte en dialectique avec la roche, le profil des collines, le système agricole, la large trace du fleuve Ceno sur le sol et les petits villages ruraux des Apennins. Ce sont les éléments contemplatifs de la perception du paysage. C’est à eux que se réfère le projet, à la fois de manière intime et collective, représentative et fonctionnelle, reconnaissable et simple.

LA CHAÎNE DE LA PENSEE
Le projet est né de la même manière que Dallara pense son processus de conception ; autrement dit, par l’agrégation de phases / d’éléments distincts placés côte à côte en équilibre, spatialement cohérents avec la nature et l’utilisation des espaces, qui, une fois assemblés, constituent le projet dans son ensemble.
Un ensemble qui porte une attention à la topographie du lieu, à son intégration dans le paysage, à sa double perception (extérieure et intérieure) et qui se veut un lieu de recherche, de projet, de rencontre, d’excellence… Un bâtiment à la fois rapide et lent, silencieux et sonore, technologique et poétique.

LE PAYSAGE DANS LE PAYSAGE
Nous avons voulu dessiner le paysage dans le paysage, en introduisant un nouvel espace public, un catalyseur d’activités, capable de bouleverser les modalités de perception du site qui sont, à ce jour, le mouvement des voitures, la vitesse et l’entraînement.
Nous avons ancré le bâtiment à un niveau légèrement supérieur par rapport à celui de la rue, créant une première topographie qui définit sa séparation avec la route et avec l’Academy. Un plan légèrement incliné qui caractérise l’espace de dialogue avec le lieu, définissant une séquence de seuils entre les paysages naturel et minéral.
La trame territoriale nous a amenés à imaginer le site comme un coin de verdure, au sein duquel le mouvement sinueux du torrent dessine les espaces extérieurs et élargit sa vision pour impliquer, dans la composition, les zones adjacentes qui abritent le siège historique de la société Dallara.

APPARTENANCE
L’idée habitant le projet est donc la création d’un bâtiment capable de concilier l’identité individuelle des parties qui contribuent à créer le tout, avec un sentiment d’unité de l’ensemble, un paysage dans le paysage.
Le bâtiment devient ainsi un élément vivant et dynamique, capable de redéfinir le lieu en l’enrichissant et en le caractérisant de nouveau et également doté d’une forte iconicité qui en fait un véritable repère minéral du paysage, tout comme le rocher au sommet de la colline sur laquelle le projet pose le regard.

Quatre géométries, quatre formes, quatre espaces, quatre fonctions créent l’univers unique de Dallara :

– LES CÔNES / CERCLES sont le territoire / paysage
– LES LIGNES / TRAPEZES sont le système urbain / de production
– LA RAMPE SEMI-CIRCULAIRE est le territoire / paysage
– LES LIGNES / PARALLEPIPEDES sont le système urbain / de production.

Alfonso Femia