Poste du Louvre

Paris, France

Poste du Louvre
Paris
2012
31.000sqm
maître d’ouvrage : Poste Immo
Au premier abord, l’immeuble de la Poste du Louvre est mystérieux, impénétrable. À peine peut-on apercevoir quelques camions passant les portes du rez-de-chaussée rue Jean-Jacques Rousseau, quelques camionnettes jaunes descendre le long de la rampe du passage Gutenberg. À peine peut-on pénétrer l’Enseigne de la Poste, après avoir gravi les marches de la rue du Louvre et être passé sous son imposant péristyle. L’édifice, monumental et épais, s’ouvre et se ferme dans un même geste et reste une énigme pour le piéton.
 Imprenable, introverti, le bâtiment fonctionne dans une intimité close, sourde. Cette apparente passivité cache cependant une intériorité plus délicate : une structure métallique de fonte, des cours offrant un rapport particulier à la lumière – zénithale – et puis, tout en haut : la terrasse, le regard qui porte à 360° sur les toits de Paris.
 Première action : excaver. Ne pas toucher à la peau, aux façades, fines et ciselées ; mais se concentrer sur la chair du bâtiment, ses entrailles. Prêter attention au squelette : sans lui, rien ne tient. Par ce geste simple, on pénètre le cœur de la forteresse, son intimité. L’intériorité dévoilée se fait magique, désirable: il existe désormais un lieu derrière les façades où la lumière, l’air et la terre se combinent pour créer de nouveaux espaces. Les mains de l’architecte, en creusant, ont révélé la vie, réveillé le bâtiment.
 Deuxième action: “faire âme”, au sens de James Hillman, psychologue américain. Se laisser porter par l’envie première et inconsciente de rejoindre la lumière, d’inventer une nouvelle vie pour le bâtiment, de le rêver, puis tenter de transcrire ce rêve dans une réalité tangible. Modeler des parois de verre réfléchissantes, dessiner une coursive permettant la promenade architecturale à mi-hauteur de la structure conservée du rez-de-chaussée.
 Troisième action : libérer les façades de pierre de leurs ajouts qui les paralysent ; prolonger le vide retrouvé jusque dans la rue, aller chercher le passant, ouvrir la forteresse sur la ville. Changer d’échelle, devenir public, s’ouvrir au monde. Un parcours se dessine : une façade de pierre, l’obscurité, brève ; puis une respiration nouvelle, une surprise : la lumière zénithale qui fait lever la tête et regarder vers le ciel. Un émerveillement.